À l’invitation de la BML bibliothèque municipale de Lyon, et dans le cadre du festival Magnifique Printemps, qui réunit à Lyon les évènements liés au Printemps des Poètes et à la Semaine de la langue française et de la francophonie, Christophe Langlade et moi-même jouerons notre concert-lecture Charcot Antarctica à la Bibliothèque de la Part-Dieu, le samedi 21 mars à 15h. Un grand merci à Julie Féougier, responsable du département Science de la BM Part-Dieu et Audrey Burki, responsable du département Littératures pour cette invitation.
Récits-poésie documentaires et guitares blues atmosphériques ; photographies anciennes sur plaques de verres et films inédits d’expéditions récentes ; ce sont les scientifiques, leur vie et leur travail quotidien dans cet extrême Antarctique, que donne à voir et à entendre le concert-lecture Charcot Antarctica, depuis les quinze mois du premier hivernage de Jean-Baptiste Charcot en 1903, à bord de son trois-mâts goélette Le Français, jusqu’au 3000 km du raid franco-italien EAIIST auquel a pris part le médecin lyonnais Nicolas Rombauts.
Charcot Antarctica Samedi 21 MARS – 15h BIBLIOTHÈQUE DE LA PART-DIEU – Lyon Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.
Charcot Antarctica est porté par LA CAPITAINERIE Arts | Sciences | Littératures. Spectacle créé avec le soutien de la Région Auvergne‐Rhône‐Alpes, de l’Institut Polaire Français, de l’Association des Amis de Jean‐Baptiste Charcot, de l’Institut des Géosciences de l’Environnement (CNRS, Université Grenoble‐Alpes) – laboratoire de glaciologie et des TAAF, Terres Australes et Antarctiques Françaises. La Capitainerie remercie le Musée d’Ethnographie de Bordeaux.
Ateliers poésie dessin au Gœthe Institut de Lyon, 2024.
“La langue de l’Europe, c’est la traduction.” On connaît cette célèbre phrase d’Umberto Eco. Elle ouvre des champs passionant, et fait bouger l’idée même de langue.
C’est sans doute une banalité de le dire, mais une banalité à rappeler, aujourd’hui, à l’ère de Deepl et des IA de traduction : une langue n’est pas qu’un simple outil de communication. C’est avant tout la représentation d’une culture et d’une certaine vision du monde. C’est en cela que toutes les langues sont infiniment précieuses et une véritable richesse.
Et on oublie assez souvent qu’ils et elles sont nombreu.ses autour de nous ceux et celles qui portent deux, trois langues maternelles, j’allais presque plutôt dire « langues naturelles »… Pour des raisons familiales, de géographies linguistiques locales, de migrations… Ce n’est pas toujours vu. Pas toujours, reconnu. Souvent valorisé à géométrie variable. Il y a toujours des langues considérées comme plus nobles que d’autres.
En tant qu’écrivain d’expression française, bien entendu, on ne me pose même pas la question, lorsqu’on m’invite pour animer un atelier d’écriture : les participants écriront en français. Je construis pourtant de plus en plus mes ateliers afin de pouvoir intégrer, un peu, beaucoup, toutes les langues que les participants portent en eux et amènent avec eux. Ça se fait de manière encore assez expérimentale, sur un fil instable, mais cette fragilité donne, avec et au delà de la poésie, de beaux moments collectifs. Et petit à petit, ateliers après ateliers, j’essaye de construire des séances de plus en plus internationales linguistiquement.
Ça a, en tout cas, été le cas – l’occasion ici était forcément inévitable – dans l’atelier que j’ai animé en compagnie de Lucie Rancien, cette semaine à l’invitation du Goethe-Institut de Lyon et de SINGA LYON dans le cadre du projet The Europe Challenge – « Telling our lives ».
Lyonnais de France ou de l’étranger, personnes des quatre coins du monde nouvellement arrivantes à Lyon, chacun chacune a pu apporter sa et ses langues, et nous avons créé un beau fouillis de poésie (et de dessin ; tant qu’à faire bouger les frontières, autant que les frontières artistiques et disciplinaires s’y mettent aussi) pendant quelques heures, tous et toutes ensemble.
*Attention : pour le personnel politique et les personnes rigides, la légèreté peut faire mal au dos.À pratiquer régulièrement dans le cadre d’un échauffement adapté.
Performance live distanciel Station : Vavilov ! – Festival À l’École de l’anthropocène, 2021
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Ce vendredi 12 décembre, à l’invitation de l’Université Lyon 2 Lumière, j’aurai le plaisir d’intervenir avec Olivier Givre, anthropologue Maître de conférence HDR et Sabrina Novak cofondatrice et responsable coopérations et valorisations du CRBA, Centre de Ressource de Botanique Appliqué, lors d’une journée d’étude interdisciplinaire organisée par le Pôle de spécialité Médiations Création sur la thématique Les partenariats en jeu dans les initiatives de recherche – création – formation.
Nous reviendrons sur l’expérience de création ethnoartistique initiée par le CRBA en 2019, pensée par Oliver et Sabrina, pilotée par Sabrina et qui a réuni Olivier Givre, anthropologue, Vincent Delpeux, vidéaste plasticien, David Champey, compositeur, et moi-même en tant que poète.
Accompagnant le partenariat noué entre le CRBA et l’Institut Vavilov, banque de semences végétales et de ressources phytogénétiques de Saint-Pétersbourg, nous avons pu à cette occasion, lors de temps de créations qui nous ont mené de la région lyonnaise jusqu’au cœur de Saint-Pétersbourg et à ses faubourgs, créer deux performances ethnoartistiques : Station : Vavilov ! Prologue et Station : Vavilov !, qui ont été respectivement données en représentations lors des éditions 2020 et 2021 du festival À l’École de l’Anthropocène, de l’École Urbaine de Lyon.
Déjà fortement compliquée par le Covid et les restrictions mises en place alors (confinement, annulation de résidences programmées, etc.) cette réflexion arts & sciences prometteuse, qui avait vocation à accompagner sur la durée le partenariat CRBA / Vavilov et à démultiplier dans le temps ses formes d’interventions (livres, expositions, etc.), a trouvé sa fin définitive en 2022, avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie de Vladimir Poutine et l’arrêt brutal de toutes relations entre la Russie et les pays européens.
La toute nouvelle affiche Charcot Antarctica créée par Clément Payot
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Christophe Langlade et moi-même serons accueilli du 6 au 10 octobre au Centre Culturel Jean Moulin de Mions (69) pour une semaine de travail sur notre concert-lecture Charcot Antarctica.
Le concert final aura lieu le vendredi 10 octobre, à l’issue de la résidence.
Deux guitares de blues somptueux, une voix, des images d’archives de 1903 et des images inédite de raids d’exploration contemporains, pour un voyage atmosphérique, historique et scientifique en Antarctique.
Un grand merci à Chrystel Saunier, Thomas Mélique et à toute l’équipe du service culture de la ville de Mions pour leur invitation et leur accueil.
Charcot Antarctica vendredi 10 octobre – 20h CENTRE CULTUREL JEAN-MOULIN – Mions (69) Entrée gratuite sur réservation au 04 72 23 26 10 ou à l’adresse mail : culture@mions.fr.
Le Musée des Confluences et le CNRS coorganisent, les 4 et 5 octobre prochains, un week-end de rencontres et d’activités dans le cadre de la Fête de la Science 2025.
J’y serai présent pour une heure de discussion publique Corps Réparé Corps Modifié, accompagné de Nicolas Lechopier, maître de conférences en philosophie, épistémologie et éthique à la Faculté de Médecine Lyon Est, Christophe Marquette, biochimiste, directeur de recherche CNRS, et Emma Petiot, biologiste, chargée de recherche CNRS, spécialistes de l’impression 3D pour la santé (3D.fab).
Discussion, et non pas conférence ; nous échangerons avec le public, lors de cette rencontre, et parlerons du corps de demain et de ses enjeux, d’éthique, de cinéma et d’imaginaire scientifique, de technologie, des impacts possibles, espérés, redoutés, de l’innovation médicale sur notre vie en société.
Corps Réparé Corps Modifié dimanche 5 octobre – 14h30 Petit Auditorium MUSÉE DES CONFLUENCES – Lyon 2ème
À l’invitation de la Semaine de la poésie de Clermont-Ferrand et de l’Hôtel Fontfreyde – Centre photographique, j’aurai le plaisir d’intervenir pour une lecture en résonance avec le travail photographique de Patrick Tournebœuf, à l’occasion de son exposition ENTRETEMPS, visible jusqu’au samedi 27 septembre 2025.
La résidence photo de Patrick Tournebœuf ayant été axée autour des friches industrielles clermontoises, et des usines Michelin en particulier, cette lecture au milieu des photos sera pour moi l’occasion de revenir en contrepoint vers mon propre travail autour des ruines militaro-industrielles post-soviétiques, travail publié notamment dans le livre Nouveau Noum, aux éditions La Passe du Vent en 2016.
Lecture exposition P. Tournebœuf mercredi 3 septembre – 18h HÔTEL FONTFREYDE – CENTRE PHOTOGRAPHIQUE – Clermont-Ferrand (63) Entrée libre et gratuite
Pour des raisons techniques, et au vu de la situation géopolitique dans l’Est de l’Europe depuis 2022, la Capitainerie, association porteuse du projet de livre-film Nouveau Noum, paru aux éditions La Passe du Vent en 2016, avait décidé de clôturer le site en nom de domaine russe NouveauNoum.ru, qui hébergeait le film musical Nouveau Noum, compagnon inséparable du livre.
Les deux versions de ce film, en édition française, et en édition internationale sous titrée en anglais sont à nouveau disponibles, désormais en libre accès sans mot de passe pour un visionnage personnel et privé. Vous les trouverez en suivant ce lien www.lacapitainerie.org/saint-octobre/nouveau-noum
Nouveau Noum le film a été réalisé par Cinéma Fragile, sur les textes et les musiques de Saint Octobre.
Film et Ciné-concert
Le film Nouveau Noum a été projeté dans les festivals internationaux de cinéma poésie et de poésie expérimentale : Gdańsk Interference Festival, Pologne 2018 ; Straight Jacket Guerrilla Film Festival, Londres 2018 ; Festival Visual Sundays du Filmhuis Cavia d’Amsterdam 2016 et 2018 ; Marché de la Poésie de Bucarest 2014 ; Photosynthesis Media Arts Festival de San Francisco 2012 et 2013 ; 8th International Directors Lounge de Berlin 2012 ; 3rd Sadho Poetry Film Fest de New Delhi 2011.
Le ciné-concert Nouveau Noum, quant à lui, a été joué à plusieurs reprise par le groupe Saint Octobre. Parmi les principales représentations : Festival MidiMinuitPoésie, Le Lieu Unique, Nantes, 2019. Bibliothèque de la Part-Dieu, Lyon 2017. Semaine de la Poésie de Clermont-Ferrand, Saint-Amant-Roche-Savine, 2016. Printemps des Poètes de Lyon, Toï Toï le Zinc, Villeurbanne, 2016. Audiovizualinės Poezijos Festivalis TARP, Vilnius, Kaunas, Lituanie 2012. Limbus Europae Art Space, Berlin 2011.
Le livre Nouveau Noum est toujours disponible à la vente, en librairie et sur le site de l’éditeur.
Nouveau Noum Texte et musique : Saint Octobre | Cinéma : Cinéma Fragile | Photographies : Anne Bouillot | Graphisme : Clément Payot 160 pages – 14,0 x 20,5 cm – Couleur – Bilingue Français Anglais ISBN : 978-2-84562-260-9 La Passe du Vent – 24,00 €
Retrouvez le livre sur le site de l’éditeur, en cliquant ici.
Fred Bernard, qui a illustré en 2007 mon premier livre Le Petit Inconnu au Ballon, a publié, il y a peu, sa toute dernière bande dessinée, Nos Héritages. Dans ce récit autobiographique adressé à son fils, il parle de ses évolutions personnelles, de ses différentes périodes de vie, mises en regard avec celles de notre planète, depuis la préhistoire et les premières traces animales et végétales, jusqu’à nos civilisations contemporaines.
Il y revient notamment sur le Castel Berthelot, une expérience que nous avons menée ensemble, lui, Nicolas Voituret (alias DJ Gaston pour les habitués des nuits festives lyonnaises) et moi, lorsque nous étions tous les trois colocataires, dans notre appartement de l’avenue Berthelot à Lyon, au milieu des années 1990.
Les études se terminaient pour nous et nos amis ; la vie, l’infini du champ des possibles s’étalait enfin devant nous, et paradoxalement, après l’effervescence et l’immense richesse de la vie amicale que nous avions vécue jusqu’ici, nous avions le sentiment que l’époque semblait se refroidir. Beaucoup de nos amis, proches pourtant, s’éloignaient sans le dire, sans même le savoir, peut-être. Se renfermaient, ou bien simplement se concentraient ailleurs. Parce qu’il y avait ce premier emploi, cette première relation un peu plus sérieuse, ce premier appartement qu’il fallait prendre à deux… Les gens sortaient moins, ne sortaient plus, Parce qu’il y a boulot demain, Non, parce que là, on est crevés…
Oui, l’époque se refroidissait, on n’arrivait plus à voir les gens, nous ne comprenions pas, nous étions en manque de cette jubilation d’amour-amitié qui nous avait tant porté jusqu’ici et nous nous demandions si ce refroidissement social était simplement un hiver rigoureux ou si nous entrions dans une période glaciaire de longue durée.
Pour répondre à cette question, nous avons créé le Castel Berthelot : des soirées, chez nous, uniquement dédiées à l’exaltation de l’amitié la plus haute. Pour recevoir nos amis, nous mettions les petits plats dans les immenses : Nico avait une formation de cuisinier dans des restaurants de renom et préparait des plats à la mesure. Fred ramenait de Savigny-lès-Beaune et de sa Bourgogne natale des vins de producteurs choisis. J’accueillais nos invités selon un protocole bien établi, avec musique particulière, découverte du menu du jour calligraphié par Fred, journal de l’appartement, Le Monde du Castel Berthelot, spécialement réalisé et imprimé par mes soins pour chaque Castel et distribué aux invités… L’ambiance lumineuse rouge, sous les lampes à lave délicieusement sixties du salon, était soigneusement étudiée, divinement cosy. On parlait, on riait, on se retrouvait. Tout le monde finissait la soirée en créant des Mégoes™, des petites sculptures contemporaines réalisée sur filtre de cigarettes, que l’on réunissait en plaquettes thématiques (chanteurs, peinture classique, opprimés de la société, personnages de BD…), et dont la visite commentée de la collection, à l’arrivée de chaque Castel, était l’une des attractions préférées de nos visiteurs. Il y a cette phrase incroyable de Rudyard Kipling : « Non seulement nous étions heureux, mais en plus, nous le savions. » Il y a eu un peu de ça, au Castel Berthelot.
L’expérience a duré environs cinq ans, et nous avons fait, à une époque, jusqu’à un ou deux Castel par semaine. Nous avons arrêté lorsque des invités nous ont demandé un jour si l’on pouvait organiser des Castel Berthelot spécialement pour eux, avec quelques-uns de leurs amis que nous ne connaissions pas, moyennant rétribution.
Fred Bernard, dans ses BD ou ses albums jeunesse, a toujours été un raconteur d’histoire incroyable. Il le prouve encore une fois dans cette nouvelle BD, beaucoup plus personnelle, mais tout autant universelle.
Nos héritages Une histoire de nos évolutions racontée à mon fils 240 pages – 21.7 x 28.8 cm – Couleur – Broché ISBN : 9782203172005 CASTERMAN – 24,00 €
Retrouvez le livre sur le site de l’éditeur, en cliquant ici.
Le projet de l’école d’été internationale Médecine et Humanités est né en 2016, entre les Facultés de Médecine de Lyon Est, d’Ottawa, de JiaoTong et de l’Université de Médecine Traditionnelle Chinoise de Shanghai. Ces quatre institutions se sont réunies autour d’une ambition de formation innovante pour les étudiants et étudiantes en médecine. Il s’agit de favoriser une rencontre interculturelle, basée sur des débats internationaux d’actualité en santé et diffusant des savoirs fondamentaux dans le champ des Humanités Médicales. Durant une semaine ou plus, des étudiants des trois continents et leurs encadrants, ainsi que des tuteurs et tutrices spécialisées accompagnent les participants dans une rencontre interculturelle, scientifique et humaine
L’école d’été s’organise cette année à Lyon, sur le campus de la Doua Université Lyon 1, et à l’invitation de Nicolas Lechopier, Maître de Conférences en philosophie, épistémologie et éthique à la Faculté de Médecine Lyon Est, nous interviendrons devant le groupe d’étudiants et chercheurs internationaux participants pour une rencontre-discussion Corps réparé, Corps modifié. “Nous”, c’est à dire Christophe Marquette, biochimiste, Emma Petiot, biologiste et moi-même en tant qu’écrivain.
Nous parlerons avec eux du corps de demain et de ses enjeux, d’éthique, de littérature et d’imaginaire scientifique, de technologie, d’innovation médicale et de vie en société.